Mardi 27 sept. 2005
Golinhac — Conques 21 km
Départ après un déjeuner plutôt frugal de la « bastide d'olt », l'auberge de Golinhac ; dernier regard sur la vallée du Lot en contre bas. Le panorama donne le vertige, tellement on voit loin... Très rapidement, ça monte et ça descend, comme toujours ; il y a de la rébellion au niveau des genoux... Tant bien que mal, je me dirige vers Sénergues où j'opte pour un arrêt dans le bar du village qui offre pour neuf euros une assiette du pèlerin avec fromage et quart de vin. En attendant 11h30, l'heure où le repas est servi, j'offre le café au couple de vosgiens avec qui j'ai partagé le gîte équestre la nuit passée. Le confit de canard arrive, un vrai régal, et je peux dire qu'il y avait longtemps que je n'avais pas pris un tel réel plaisir. Je reprends la route vers midi, après cette interruption d'une heure qui m'a fait le plus grand bien. Me voilà, volant de kilomètre en kilomètre jusqu'à la fameuse descente sur Conques présentant plus de 300 m de dénivelé. Je discute avec Carmen du Québec, le voyage lui a été offert par sa famille... et puis c'est la descente. Je ne sais ce qui m'a porté cette fois-là, mais je ne m'arrête pas, je descends comme une fusée, de pierre en pierre, la chaussée est glissante, j'effectue de longues enjambées. Je suis à Conques vers 14 h avec presque demi-heure d'avance. Merci Sainte-Foy... La vision, qu'a le pèlerin en arrivant, le saisit pour le restant de sa vie : entre deux rochers, et ce, au dernier moment, l'abbaye Sainte-Foy s'offre à vous... Hébergement au monastère, communauté des Prémontrés. Le dortoir se compose de 24 lits superposés... je me souviendrai longtemps de cette nuit. Le repas du soir est précédé des vêpres, puis nous assistons aux complies, suivies d'une bénédiction des pèlerins qui continuent le chemin. Nous nous présentons chacun à notre tour. Enfin, juste avant le coucher, le Père Jean-Daniel nous offre un concert au piano, l'ambiance est indescriptible dans l'abbaye, les touristes sont partis, un sentiment d'apaisement nous étreint... je pense ici plus qu'ailleurs à tous ceux que j'aime, et je peux dire sans mentir que vous étiez tous là ce soir-là...